Lundi 24 août 1 24 /08 /Août 22:34
Dans la sexualité de chacun et de chacune, comme dans toute activité créatrice, il est possible de repérer un ou plusieurs motifs récurrents dont l'imagination et le hasard se plaisent à varier les réalisations concrètes. Ainsi, celui-ci aimera se soumettre à une femme chaussée de bottes en cuir, celle-la ne pourra jouir qu'en levrette sous un flot d'obscénités.


     Etcetera.


    Sur ce plan-là, comme sur tous les autres je présume, je n'échappe pas à la règle commune. Ma libido est gouvernée par un désir impérieux et central : celui de partager, selon des modalités variables, ma femme.


     Ce qui ne se réduit pas à participer à quelques partouzes (même si nous nous laissons souvent aller à ce plaisir).


     Mais j'aborderai ces nuances bien assez tôt.


     Je voudrais commencer par la fin. Le but d'une certaine manière. Et en même temps l'origine, peut-être, de toutes nos aventures.


     En l'occurrence par un fantasme commun que nous n'avons pas encore assouvi mais qui hante nombre de nos étreintes et qui déclenchent en elle quelques un des ces très profonds et très longs orgasmes dont elle a le secret.


     Dans les catégories (de plus en plus rigoureusement définies) du cinéma porno, ce fantasme porte un nom japonais : bukkake.


Pour faire simple, c'est une sous-catégorie du gang-bang qui est d'ailleurs lui-même une sous-catégorie de la partouze dite aussi orgie ou partie fine.


Plusieurs hommes, de préférence plus de trois, généralement nus, se réunissent au-dessus du corps également nu de la dame en se masturbant longuement pour, à tour de rôle, venir éjaculer sur son visage ou sa poitrine.


Pour les participants mâles, l'excitation croît à mesure que le visage et la poitrine de la femme s'ornent du sperme de leurs camarades de jeu.


Dans ce fantasme, je nous vois, nous nous voyons dans une pièce assez grande, très lumineuse, dont le sol est recouvert d'un moquette de couleur claire. Pour ma part, je suis assis dans un fauteuil profond, vêtu d'un costume gris anthracite des plus ennuyeux et un verre de whisky à la main : elle se trouve quant à elle agenouillée à une dizaine de mètres plus loin, parfaitement nue hormis ses pieds, chaussées d'escarpins à fines lanières noire qui soulignent la pâleur de sa peau.


     Autour d'elle, formant un cercle d'environ quatre mètres de diamètre, cinq hommes, nus eux aussi, la contemplent en se caressant lentement.


     Elle semble comme absente, attentive seulement à contrôler son impatience.


     Ce moment, elle s'y prépare depuis des semaines.


     Des mois.


    Je sais qu'elle veut, comme moi, ressentir en elle la montée à la fois progressive et violente du plaisir.

Pourtant, sentant le moment venu, le plus audacieux – et probablement le plus impatient – de ses admirateurs finit par s'avancer d'un pas : il ose donc enfin approche sa verge humide, admirablement circoncise, à quelques centimètres à peine de sa joue droite.


     En réaction, les yeux à demi fermés, le corps parcouru d'un imperceptible frisson que je suis peut-être le seul à saisir à cet instant précis, elle se contente de pencher alors sa tête pour lui offrir son visage.


     D'expérience, je sais qu'elle ne peut qu'aimer le physique de cet homme (même si ses goûts, en la matière, sont très éclectiques) : taille moyenne, buste épais et poilu.


     Lui, mâchoires serrées, tente manifestement de retarder le moment ultime sans pour autant cesser, probablement malgré lui, de titiller de plus en plus frénétiquement le son gland gonflé à bloc.


     De mon côté, je résiste à la tentation, pourtant déjà dévorante, de sortir ma propre queue et me contente, à ce moment précis, d'une gorgée de Johnny Walker pour tenir le coup.


     Les autres participants (respectant ainsi à la lettre la règle que nous avons fixée au préalable) patientent à distance respectable.


     Au passage, j'admire la jolie petite poitrine de celle que j'aime à désigner sous le nom très et trop sérieux d'épouse : les tétons bruns, larges, épanouies, l'attache ferme sous l'épaule.


     Soudain, le sperme gicle sur son nez et son front, lui ainsi arrache un gémissement et un spasme.


     L'homme qui vient d'éjaculer tremble comme un feuille, un sourire à la fois béat et gêné accroché aux lèvres. Presque aussitôt, il s'écarte et laisse sa place au second, un mâle brun et ventripotent au sexe extraordinairement long et courbé sur le côté droit.


    Cette fois-ci, le contraste entre l'émoi très doux de ma femme et de ce corps masculin en rut a quelque chose de presque comique et m'arrache un sourire.


     Mais le burlesque fugace que je relève ici n'enlève rien à mon excitation.


    Le troisième homme qui se présente est monté de manière plus banale mais, pour une raison que j'ignore, le regard de ma moitié s'illumine et je sens poindre en elle la jouissance. L'individu en question se branle lentement, en plongeant avec intensité ses yeux dans les siens, en la convoitant avec férocité. Je sens qu'elle résiste de tout son corps pour ne pas prendre sa verge entre ses mains puis dans sa bouche. Pour ne pas le supplier de la prendre sur le champ.


     Soudain, elle explose.


    Un soupir. Puis un autre. Et l'ondulation particulière de son corps en proie aux flammes. Les yeux révulsés. L'homme n'y tient plus. Une longue trainée blanchâtre et visqueuse jaillit de sa queue et vient se surajouter, sur le front et le nez de ma femme, au sperme des précédents.


     Sans quasiment m'en être rendu compte, j'ai joui également. Sans me toucher.


     Les deux hommes qui suivent vont vite.


     Elle jouit encore. Elle a oublié que j'étais là.


     C'est fini pour ce soir.

Par Stanislas
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Lundi 24 août 1 24 /08 /Août 22:25

     Je dois avouer qu'il m'est difficile d'écrire ces lignes, ces lignes-ci comme d'ailleurs toutes les autres que j'ai écrites, ou plutôt griffonnées, éjaculées, le plus souvent à la hâte, dans des cafés, sur des marches d'églises, au sortir de bordels, et toujours fiévreusement, honteusement, insolemment, joyeusement, sur des carnets à spirales très écornés, des pages de livres.


     Car écrire, n'est-ce pas ? Ecrire un récit, un poème, fixer une pensée ou un souvenir, cela (ré-)suscite toujours en soi des images, des émotions, c'est-à-dire des désirs, des craintes, des frayeurs mêmes, des besoins, des colères, de la joie, des frissons, des soupçons.

     Or chez moi, ces images, ces émotions, ces désirs, ces craintes, ces frayeurs, ces besoins, ces colères, cette joie, ces frissons, ces soupçons sont essentiellement pornographiques (autrefois, j'aurais écrit : érotiques) et provoquent très logiquement dans mon slip d'insoutenables érections qu'il me faut bien apaiser d'une manière ou d'une autre
.

     Je vous l'ai déjà dit : ce texte est d'ordre masturbatoire.


     Les anecdotes et les fantasmes qui suivent, les souvenirs et désirs à venir n'obéissent donc qu'à une loi : celle du plaisir.


     Ils n'entretiennent que peu de rapport avec la chronologie et avec la démonstration.

 
     Beaucoup plus avec le cul de ma femme.

Par Stanislas
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Lundi 24 août 1 24 /08 /Août 22:10

« Une fois engagés dans cette voie, nous ne voulons plus rebrousser chemin. Pourtant les rochers se font plus nombreux et plus importants à mesure que nous progressons. »

 

Alain ROBBE-GRILLET



     En préambule, pour prévenir tout malentendu, je dois vous avertir que ce texte, en dépit de quelques citations glissées ici ou là, n'est pas un texte dont l'ambition est d'être un objet littéraire. Souligner avec suffisamment de vigueur qu'il ne s'agit ni d'un essai, ni d'un roman. Encore moins d'une méditation philosophique ou un d'un conte érotique. Qu'il n'est pas le fruit d'une réflexion. D'une maturation. Il n'est pas un effet de l'inspiration. Pas davantage un exercice de style. Bien que j'y parle beaucoup de moi et bien plus encore de celle qui partage ma vie, il n'est pas non plus un témoignage. Encore moins une (auto)-biographie. Il ne se revendique d'aucune souffrance, d'aucun combat. Ne se veut pas prosélyte. Il n'y est question ni de psychologie, ni de politique. Il ne se veut pas justification, appel, défense et/ou illustration. Non, croyez-moi sincère sur ce point, ce texte n'est rien de tout cela : c'est une simple digression qui a pris forme par accident et que j'ai conçu comme une invitation à regarder – caresser – avec moi une femme, la mienne, à désirer ensemble et dans la même direction, à prendre ensemble, le temps d'une brève lecture, le risque d'une heureuse et collective masturbation.

 

     Ce texte n'a pas donc pas l'excuse de l'érotisme : il est (ne pouvait d'ailleurs être que) pornographique.

 

     Vous ne vous étonnerez donc point qu'il privilégie souvent le plaisir (recherché ou obtenu) aux désirs (réfrénés ou attisés), le corps visible et l'acte lui-même aux mouvements émouvants mais invisibles de l'âme.

 

     La pénétration à la séduction.

 

     De surcroît, il me faut vous avertir que ma femme, dans ce projet, n'est pas la moins audacieuse.

 

    Qu'elle lit par dessus mon épaule.

 

    Corrige.

 

Rature.

 

Biffe.

 

Et surtout en rajoute.

 

Qu'elle s'excite chaque jour un peu plus à l'idée que je m'apprête à vous la décrire dans ses moindres tressautements / tressaillements / tremblements, dans les bras de ses multiples amants, de ses plus rares et très fugaces maîtresses, dans ses plus perfides caresses – et l'offrir ainsi à l'insaisissable multiplicité de vos imaginations .

 

Il me faut vous préciser qu'elle se livre d'ores et déjà, parfois à mon insu, avec son double de papier, à une danse étrange pareille à un défi.

 

Je dois surtout ajouter, pour épargner vos éventuelles (et anachroniques) (et persistantes) illusions sur la pureté fondamentale de la femme, que la mienne aime le sexe masculin en lui-même et pour lui-même, dans sa matérialité et sa plénitude.

 



Non en tant que prolongement ou conséquence d'une attirance plus générale, mais comme fin se suffisant à elle-même.

 

C'est de cet appétit que je suis parti pour écrire les pages qui suivent.

Par Stanislas
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